La deuxième étape des États Généraux des festivals devait ouvrir un horizon mais n’est finalement que déception.
La première phase avait renforcé nos attentes tant il était déjà urgent de tracer les lignes d’une politique publique concertée entre l’État et les collectivités territoriales en direction des festivals. La pandémie a généré des incertitudes et des souffrances dont personne n’est remis. L’absence de concertation du ministère de la Culture avec les organisations représentatives n’était pas de bon augure.
Depuis 2018, les intentions du ministère de la Culture semblaient claires : la ministre de l’époque, Françoise Nyssen, ici aussi à Bourges, avait annoncé la parution imminente d’une circulaire pour l’été, circulaire visant à organiser les conditions d’un soutien aux festivals avec les collectivités territoriales sur la base de critères comme la qualité de programmation, la diversité, l’adresse à de nouveaux publics, l’ancrage territorial…
Malheureusement, cela est resté sans suite !
Nous, USEP-SV, nous attendions une connaissance objectivée du phénomène « festivals » : une cartographie à partir d’une définition, à distinguer notamment des « temps forts ». Un recensement qui prenne en compte le modèle, l’économie, la fréquentation, la part de financements publics, l’impact lié à la sécurisation des lieux (et aujourd’hui du pass sanitaire), les cycles de vie, la concentration et l’évaluation, c’est-à-dire les effets de ces festivals dans la durée sur la population et les territoires…
Suite à la présentation de l’étude menée conjointement par le ministère de la Culture et France Festivals, nous nous réjouissons de pouvoir disposer de données socio-économiques.
Nos demandes sur les festivals sont anciennes et claires. Nous voulons que soit travaillée une appellation pour les festivals à partir de critères corrélés aux missions d’intérêt général qu’ils accomplissent.
Il nous semble, en effet, urgent de définir des critères d’intervention de l’État : l’exigence artistique, la pluralité de l’offre artistique et de la vie culturelle des territoires, les actions durables vis-à-vis des publics, les échanges entre les diverses expressions culturelles, etc.
Il nous semble également indispensable pour la poursuite des travaux d’associer l’ensemble des partenaires : DRAC, collectivités territoriales et organisations représentatives (salariés et patronales) à travers les Coreps pour exercer une vigilance sur l’indépendance artistique et l’autonomie budgétaire.
Les demandes de l’USEP-SV sont claires et sont inchangées depuis les premières réflexions sur les festivals.
Cette rencontre à Bourges nous semble être du temps perdu ! Pour qu’il n’en soit pas ainsi à la troisième annoncée, il faut se mettre au travail sans tarder pour formuler des propositions concertées, avant que des arbitrages politiques puissent être rendus.
L’USEP-SV, est extrêmement volontaire pour participer à la réflexion et interroger les critères à travers le prisme de la crise sans précédent que nous traversons encore.

Paris, le 29 juin 2021